L’Observatoire B2V des Mémoires livre les résultats d’une enquête IFOP inédite : Y aurait-il trop de commémorations en France ?

Commémoration des 100 ans de la Bataille de Verdun – L’Observatoire B2V des Mémoires livre les résultats d’une enquête IFOP inédite : Y aurait-il trop de commémorations en France ?

B2V observatoireA l’occasion des 100 ans de la Bataille de Verdun, l’Observatoire B2V des Mémoires diffuse aujourd’hui une enquête inédite « Les français et la mémoire collective ». Ces deux dernières années ont été particulièrement riches en commémorations de la Première Guerre mondiale comme de la Seconde et jamais, sans doute, l’Histoire n’a été aussi présente dans une France marquée par les attentats, en plein cœur d’une crise économique et sociale. Les résultats révèlent ce que pensent les français du devoir de mémoire, entre bon sens et contradiction.

Fidèle à sa vocation de laboratoire sociétal ayant pour mission d’enrichir la connaissance de la mémoire sous toutes ses formes, l’Observatoire B2V des Mémoires aborde un certain nombre d’idées reçues sur ce thème en réalisant auprès des Français une série d’enquêtes en partenariat avec l’institut de sondages IFOP.

La 4ème étude réalisée dans ce cadre traite du devoir de mémoire à l’occasion des commémorations liées au 100ème anniversaire de la Bataille de Verdun, le 21 février prochain.

UNE ENQUÊTE IFOP INÉDITE SUR LA MÉMOIRE COLLECTIVE

Obtenus auprès d’un échantillon composé d’un millier de Français, les résultats ont surpris l’historien Denis Peschanski, membre de l’Observatoire B2V des Mémoires, chercheur au CNRS, Directeur des mémoriaux de Caen et Rivesaltes, qui nous livre ses commentaires dans un contexte où l’actualité nous dit combien les enjeux de mémoire sont importants.

A la question : « Suivant les affirmations concernant la mémoire collective proposées, pour chacune d’entre elles, veuillez préciser si vous êtes plutôt d’accord ou plutôt pas d’accord », voici la synthèse des résultats obtenus :

enquete ifop B2V

Les résultats de l’étude complète sont téléchargeables ici

La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du lundi 11 au jeudi 14 janvier 2016.

ANALYSES ET COMMENTAIRES DES EXPERTS DE L’OBSERVATOIRE B2V DES MÉMOIRES

DENIS PESCHANSKIDENIS PESCHANSKI,
MEMBRE DE L’OBSERVATOIRE B2V DES MÉMOIRES, CHERCHEUR AU CNRS, DIRECTEUR DES MEMORIAUX DE CAEN ET DE RIVESALTES.

« Que disent les Français de cette récurrente référence au passé en ces années qui mélangent une actualité très forte et des commémorations majeures, Première et Seconde Guerre mondiales confondues ?… Les questions que nous avons posées aux Français avec l’IFOP sont à cet égard très éclairantes. La conviction que l’entretien de la mémoire collective permet de mieux comprendre le présent et d’en tirer les enseignements pour l’avenir est presque hégémonique : plus de 88% des Français la partagent.

Guère moins (85%) sollicitent les grands événements passés, en particulier, au nom de la transmission aux jeunes générations. Dans les deux cas on trouve la trace de ce fameux « devoir de mémoire », cette formule ressassée par les politiques et les médias.

Mais il y a comme une déconnection qui s’opère pour partie quand on évoque un éventuel trop plein de commémorations ou de références au passé face à l’urgence du présent et d’un avenir bien incertain. Pour la moitié de ceux qui en appellent, de fait, au « devoir de mémoire », l’affirmation est donc compatible avec une telle mise à distance.

Plus surprenant encore, même si cela ne touche plus que 41% des personnes sondées, ce regard vers le passé qui, depuis plus de 30 ans, met au cœur de la mémoire collective la référence à la victime juive de la Solution finale, aux responsabilités du régime de Vichy sous l’Occupation, en un mot aux pages les plus noires de l’histoire de France, appelle à trier parmi ces événements en en retenant que les pages glorieuses.

Les enseignements sont multiples et les variables ne sont pas les mêmes : ici ce sont les hommes plus que les femmes, ailleurs les jeunes plus que les vieux, là l’appartenance politique, ou les catégories socio-professionnelles. Passionnant thermomètre du rapport socio-politique au passé dans une société qui s’interroge. Et si l’injonction morale de se rappeler, si d’en rester au seul réflexe émotionnel montraient ses limites ? Le contraste entre l’éternel « Plus jamais ça ! » et les horreurs répétées des guerres et des conflits n’impose-t-il de chercher ailleurs une réponse efficace, par exemple dans l’analyse des phénomènes et la compréhension des situations ? Que de leçons pour les politiques, les journalistes, les enseignants et … les chercheurs. »

PROFESSEUR FRANCIS EUSTACHEPROFESSEUR FRANCIS EUSTACHE,
PRÉSIDENT DU CONSEIL SCIENTIFIQUE DE L’OBSERVATOIRE B2V DES MÉMOIRES, NEUROPSYCHOLOGUE, Directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), Directeur de l’Unité de recherche U1077 de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à l’Université de Caen/ Normandie, Directeur Général du GIP Cyceron.

« Les résultats de l’enquête IFOP sur « Les français et la mémoire collective » sont particulièrement intéressants dans le contexte actuel. Il est en effet très important de rappeler d’emblée les dates de la réalisation de ce sondage : du lundi 11 au jeudi 14 janvier 2016, c’est-à-dire un an après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercacher, triste anniversaire qui a donné lieu à diverses cérémonies et interventions dans les médias ; et à 2 mois du 13 novembre 2015. Cette situation très particulière amène les français à davantage s’interroger sur l’importance de leur mémoire collective, ce qui est bien mis en évidence dans les résultats du sondage.

Les réponses, massivement positives aux deux premières questions, vont clairement dans ce sens de l’importance de la mémoire collective pour préparer l’avenir et d’avoir à ce sujet une attitude proactive et volontariste (via des commémorations) pour transmettre le souvenir aux jeunes générations. L’analyse plus précise qui suit, en fonctions des caractéristiques démographiques et sociologiques des personnes interviewées, montre que cette position est consensuelle. La réponse beaucoup plus mitigée à la question suivante (question 3) tranche avec les résultats très consensuels issus des deux précédentes. Cette question est difficile car, d’une part elle prend le contrepied de la précédente, tout en introduisant une idée nouvelle (ou différemment formulée) qui est la préparation de l’avenir. Enfin, et allant aussi dans le sens d’une réflexion approfondie des personnes interrogées, la réponse majoritairement négative à la dernière question souligne l’importance d’avoir une relation, sinon objective, au moins distanciée par rapport au poids de l’Histoire et à la mémoire collective. »

Téléchargez la lettre d’information spéciale MÉMOIRE COLLECTIVE:

http://news.observatoireb2vdesmemoires.fr/

INTERVIEWS COMPLÉMENTAIRES DES EXPERTS SUR SIMPLE DEMANDE

A propos de l’Observatoire B2V des Mémoires :

L’Observatoire B2V des Mémoires est un outil innovant, dont le Conseil Scientifique est présidé par le Professeur Francis Eustache et encadré par un collège d’experts pluridisciplinaires de renommée mondiale. Il vise à explorer toutes les mémoires : mémoire individuelle, mémoire collective, mémoire d’entreprise, mémoire numérique,… L’Observatoire B2V des Mémoires poursuit trois objectifs majeurs : la recherche et l’innovation, l’information et la diffusion de la connaissance et la prévention.

Infos : www.observatoireb2vdesmemoires.fr 

A propos de B2V :

Groupe paritaire de Protection Sociale à but non lucratif, le Groupe B2V est spécialiste depuis 75 ans en Retraite, Santé et Prévoyance. En complément de son offre, il propose un soutien social et solidaire, adapté au parcours de chacun.

Le Groupe s’engage à accompagner les actifs et les retraités tout au long de leur vie pour leur assurer une protection santé et prévoyance avec des solutions adaptées à leurs besoins et à leur singularité, pour préparer sereinement leur retraite, pour leurapporter un soutien humain, matériel et financier.

« Une proximité client au coeur de nos préoccupations, parce que pour nous, l’essentiel, c’est l’humain. » .
Infos : www.b2v.fr